En ces temps troublés, où le port du masque s'est généralisé, une drôle de réflexion m'a traversé l'esprit ce matin. Elle fut en deux temps.
La première évidence qui s'est imposée à moi, c'est que l'on reconnaît difficilement ou au dernier moment les personnes que l'on croise.
J'étais dans un centre commercial ce matin et je pensais justement au fait que je ne reconnnaissais pas facilement les gens que je croisais lorsque j'ai vu quelque que je connais. J'ai dû attendre le dernier moment pour être sûr que c'était bien elle et la saluer.
Pour moi qui regarde principalement la bouche des gens (surtout quand ils me parlent, mais cela est une autre histoire...), cela ne rend pas la chose aisée. Mais par chance, je suis plutôt physionomiste, je reconnais donc facilement les personnes (et pas exclusivement grâce au visage), avant que'elles ne me reconnaissent.
L'autre réflexion que j'ai eue concerne le fait qu'on ne distingue plus que la moitié du visage. On est donc obligé d'imaginer à quoi peut ressembler le reste.
Cela laisse un part de mystère lorsque l'on rencontre de nouvelles personnes, comme ce matin, lorsque je discutais avec la vendeuse d'un magasin. C'est d'ailleurs ce qui me conduit à la présente réflexion.
En constatant cela, j'ai fait un parallèle avec les femmes portant un voile intégral et le fait que de leur beauté, on ne distingue que leurs yeux, on est donc obligé d'imaginer le reste.
Il est clair que le masque chirurgical ne cache pas autant, mais j'ai trouvé joli de se dire qu'à l'instar d'un voile, les charmes des femmes nous sont cachés. Et que c'est uniquement par un échange de regard que l'on peut découvrir la grâce de notre interlocutrice.
Dans un monde où l'apparence tient une place si importante, un peu de mystère ferait du bien...